Laëtitia, Charlotte, Cyrill et quelques autres se retrouvent tous les samedis à l’entraînement de badminton. Le temps de quelques parties, ils oublient leur handicap.

 « Je suis plus sportive que handicapée. » Laëtitia a pratiqué les arts martiaux, l’équitation et du parachutisme… jusqu’au jour où une voiture est venue la percuter sur un trottoir. Depuis 20 ans, elle est en fauteuil roulant.

En 2011, elle est arrivée à Rezé venant du Vaucluse. « On y circule plus facilement que dans la ville où j’étais avant ». Elle souhaitait reprendre une activité sportive « pour aller à la rencontre des autres ». Un « papier » l’a mise sur la piste de l’ASBR Badminton et tous les samedis, elle tient à ce rendez-vous, moment important dans sa vie personnelle, courte parenthèse dans une vie familiale consacrée à ses deux enfants.

C’est un moyen de lutter contre une forme de solitude. Et puis, physiquement, « je me muscle ».Elle ne dit si cette activité physique lui facilite la vie quotidienne en lui permettant de faire ou de refaire des gestes domestiques. « Trop tôt pour faire un bilan. »

« Se vider la tête »

Un garçon, Cyril, deux filles, prénommées toutes les deux Charlotte et deux camarades du lycée des Bourdonnières étaient avec Laëtitia, samedi, en fin de matinée, dans la salle des Cités-Unies pour leur entraînement hebdomadaire suivi par quelques dizaines d’invités.

Dont les « sponsors », institutionnels ou privés, qui ont aidé à financer ce projet lancé l’année dernière. « Un fauteuil adapté coûte 2 200 € », explique Bastien de Lajudie, président du club jusqu’à ces derniers jours.

Une fondation MMA a offert par exemple 1 500 €. Deux entraîneurs, Julien Latouche et François Laplaine sont formés à cet entraînement spécifique.

Ces sportifs ont expliqué leur motivation. « Un nouveau challenge » que s’est imposé une des deux Charlotte. « Je découvre un sport différent. Je progresse. »

Sa camarade lycéenne, aujourd’hui préparant un BTS de comptabilité vient là « pour (se) changer les idées ».

Finalement, la motivation de ces jeunes n’est pas très différente de celle de milliers et milliers de sportifs valides.

Améliorer la condition physique, aller au-devant des autres, se lancer quelques défis, se détendre,« se vider la tête ».

Source de l’article: ouest-france