Samedi, salle des Cités-Unies, l’ASBR badminton (Ailes sportives Bouguenais-Rezé) organisait son premier entraînement « de handibad ». Du badminton pour personnes handicapées.

 Charlotte et Charlotte, le hasard fait qu’elles portent le même prénom, sont montées au filet samedi matin, jouant de la raquette et du volant. Les deux jeunes femmes étaient salle des Cités-Unies pour le premier entraînement « de handibad », du badminton pour personnes handicapées. Il y a quelques mois qu’elles attendaient cette « première leçon ». L’ASBR badminton, qui accueille aussi quelques sourds, avait en effet décidé de créer une telle section pour joueurs en fauteuil roulant.

Pour cela, deux entraîneurs ont été spécialement formés, dont Julien Latouche, responsable de cette section et Ludovic Artaud, entraîneur des jeunes au sein du club. Deux autres sont en formation.

Du matériel a été acheté, dont deux filets dont les poteaux coulissants permettent une installation allant de 1,40 m à 1,55 m. Ces filets peuvent être utilisés par des personnes handicapées, mais aussi par des enfants et des adultes. Le club va aussi acquérir deux fauteuils adaptés. La Ville, qui veut que les clubs accueillent les personnes handicapées, participe à ces investissements.

Le club accueille les personnes handicapées tous les samedis de 11 h à 13 h. Progressivement, il va accentuer sa communication. « Nous organiserons des démonstrations ». Le club compte inviter des joueurs confirmés lors d’un match, d’un tournoi ou de toute autre manifestation sportive ou festive. Mais pour populariser ce sport, il faudra aller chercher des joueurs en Bretagne ou dans la région parisienne. Le handibad n’existe pas dans la ligue des Pays de la Loire.

Loisirs, physique et « intégration »

« On nous demande régulièrement des informations », explique Julien Latouche. Des jeunes, comme les deux Charlotte, veulent se distraire. Mais cela va au-delà. Quand on est en fauteuil roulant, beaucoup de muscles, du dos et du bassin en particulier, ne travaillent pas. Au badminton, la personne handicapée va améliorer ses possibilités de déplacement, sa réactivité, sa musculation, sa souplesse, améliorer sa condition physique pour retrouver des gestes de la vie quotidienne. « Au CHU, on utilise le badminton pour la réadaptation des accidentés ».

Une personne handicapée va jouer contre une autre handicapée ou contre un valide ; deux joueurs en fauteuil roulant vont affronter un double de valides. Des équipes mixtes se forment. Le filet de badminton ne sépare pas, mais réunit.

source originale: ouest france